Les pêches aveugles qui sont mises en œuvre suite à une morsure fatale sur un humain visent à réduire le risque, en réduisant le nombre de requins, sans discrimination. Elles reposent sur la « densité-dépendance » du risque (« plus il y a de requins, plus le risque est élevé »), hypothèse qui n'a jamais été démontrée et est probablement fausse, dès lors que l'humain n'est pas une proie naturelle et instinctive du requin.
Sans efficacité prouvée et à l'origine de déséquilibres écosystémiques inquiétants, ces pêches doivent être bannies.
C'est une solution de facilité qui est généralement choisie pour des raisons politiques et répondre au souci de vengeance — aussi aveugle qu'idiote — de la part d'une population meurtrie par des morsures fatales. Elles sont responsables de nombreuses captures d'espèces accessoires (souvent elles aussi en danger). Et ce, quelle que soit leur modalité de mise en œuvre, à savoir par recours à des filets ou des palangres (quand bien même ils seraient « intelligents »). Face aux enjeux de conservation, la seule concession qui apparaît pertinente est celle d'une élimination sélective (voir PROGENIR) des rares requins ayant mordu au moins une fois, afin d'empêcher toute récidive (a priori plus probable qu'une morsure par un nouvel individu).
J'ai récemment rejoint l'association Vétérinaires Pour la Biodiversité (VPB), et j'assume le rôle de référent scientifique du Groupe Technique Requins & Raies (GTRR). Outre la mise en place d'un réseau de suivi des échouages d'élasmobranches, nous menons des actions en faveur de l'abandon des pêches non sélectives.
Abandonner le mot « attaque » au profit du terme neutre et factuel de « morsure ».
Largement acceptée, jamais prouvée : le requin explore, il ne se « trompe » pas.
Un outil précieux pour étudier, suivre et détourner les requins des humains.
Ours, loup, lynx : le même combat d'acceptation et de coexistence apaisée.
Oasis de vie et sentinelle du changement climatique, l'atoll doit être protégé à tout prix.